La hausse des matières premières menace les marges de tous !
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La hausse du cours des matières premières préoccupe les analystes boursiers, car elle pourrait commencer à comprimer les marges bénéficiaires de plusieurs grands groupes industriels, au moment même où leurs perspectives de hausse des prix de vente plafonnent.
Parmi les plus exposées figurent plusieurs sociétés emblématiques du CAC 40, comme le constructeur automobile Peugeot, son fournisseur de pneumatiques Michelin, ou encore le sidérurgiste Arcelor et le cimentier Lafarge.Peugeot est ainsi "très prudent" pour 2005 car "la concurrence devrait rester très forte en Europe", pesant sur les prix des voitures neuves, alors que "la hausse des matières premières devrait coûter entre 250 et 300 M EUR" au constructeur, avertit Jean-Marc Dutu, gérant de fonds chez Meeschaert.
Cette prudence a étonné, car le groupe devait en principe profiter en 2005 du "renouvellement de sa gamme, avec la 407 berline et SW, et la C4 berline et coupé lancés en 2004, ainsi que les modèles 1007, 107, C1, 407 coupé et C6, aux lancements prévus en 2005", estime M. Dutu.
Les risques sont "extérieurs au groupe" --pression concurrentielle et matières premières--, mais bien réels, soulignent les analystes de Dexia, favorables à Peugeot, mais réservés sur le secteur automobile dans son ensemble.
Plusieurs analystes ont averti de problèmes similaires chez les fournisseurs de Peugeot, comme Faurecia, Valeo, ou Arcelor.
Michelin aura par exemple du mal à augmenter le prix des pneus de rechange en 2005, selon Citigroup, alors qu'un caoutchouc plus cher pourrait déprimer ses marges bénéficiaires.
Dans l'acier, le numéro deux mondial Arcelor plafonne en Bourse depuis le 17 février, malgré l'annonce ce jour-là d'un bénéfice net 2004 multiplié par neuf, grâce à l'envol des prix de l'acier en 2004, et d'un dividende relevé de 62,5%.
Le Pdg d'Arcelor a reconnu le même jour, lors d'une conférence d'analystes, que "les négociations entre le groupe et ses fournisseurs de charbon à coke se sont soldées par des hausses comprises entre 80% et 100%", selon Aurel Leven, alors que les analystes craignent aussi la hausse du prix du minerai de fer.
Le producteur de minerai de fer brésilien CVRD a en particulier conclu le 22 février ses négociations tarifaires annuelles avec le sidérurgiste japonais Nippon Steel sur une hausse de 71,5% du prix du minerai de fer.
Parallèlement, les prix de l'acier commencent à plafonner, estiment de nombreux analystes, même si leur niveau exceptionnel profite à Arcelor. Le groupe sera ainsi entièrement désendetté à fin 2005 et devrait générer 6 milliards d'euros de trésorerie, après investissements, entre 2004 et 2006, soit près de 68% de sa capitalisation boursière, estime la Deutsche Bank.
Mais cette rentabilité exceptionnelle n'a plus le même attrait pour des investisseurs, qui ont pour métier d'anticiper.
"Les investisseurs qui recherchent les valeurs cycliques, dans l'acier ou les matériaux de construction, ne bénéficient plus des mêmes perspectives qu'au début de 2004, car l'essentiel de la progression des bénéfices et des cours a déjà été effectuée", commente Patrick Leguil, gérant de fonds chez VP Finance.
Leur valeur boursière peut paraître encore intéréssante, compte tenu de bénéfices qui sont "au plus haut", mais ces bénéfices "commencent à être affectés aussi par la hausse des matières premières", ajoute le gérant.
Paradoxalement, "il faut plutôt investir dans ces sociétés au moment où leur multiple de valorisation des bénéfices paraît cher", en tout de début de cycle économique, car le bénéfice est alors bas et n'a pas encore progressé, explique l'investisseur.
Source WEB - www.batiweb.com/news
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